Vous êtes ici : Accueil » Labo des idées

Labo des idées


Habitants ambassadeurs : de quoi parle-t-on ?

Publié le 1 juin 2008

Stricto sensu, il s’agit de considérer les habitants (de souche et nouveaux arrivants, mais aussi résidents secondaires) comme les ambassadeurs du territoire, c'est-à-dire ses promoteurs ou prescripteurs, en particulier envers les parents et amis hébergés (part d’«hébergement non marchand», qui, suivant les régions, peut représenter plus de la moitié des nuitées touristiques). Mais pour parler de son pays, il faut l’aimer et le connaître. C’est dans cette optique que de nombreux territoires ont mis en place des dispositifs « habitants ambassadeurs », autour d’une carte « avantages » réservée aux habitants et qui donne accès à une sélection de sites, d’activités, de prestations tourisme et loisirs, à des tarifs privilégiés. 

Planeth a étudié une quinzaine de ces dispositifs, créés entre 1993 (le Passeport de Lorraine) et 2007 (8 les 3 dernières années). 
Toujours d’initiative publique, souvent à l’échelle du département, ils présentent des variantes dans leur fonctionnement, mais aussi dans leur étendue et leur succès (de 90 à 20.000 porteurs de cartes, de 12 à 150 partenaires de l’opération). Leur point commun est de nécessiter des moyens importants en animation -le système repose sur un réseau de prestataires touristiques- et en communication, … et de pêcher par manque d’évaluation précise de leurs retombées (taux d’utilisation de la carte, nombre de visites engendrées, satisfaction des habitants et des professionnels, retombées image).


Comment « accoucher » une stratégie de développement touristique ?

Publié le 5 janvier 2007

Les études pour l’élaboration de stratégies de développement touristique se déroulent logiquement en trois phases : une première phase d’état des lieux-diagnostic, suivie d’une phase de réflexion stratégique, puis d’une phase de rédaction de plan d’action.

L’intérêt de la première phase paraît souvent limité au maître d’ouvrage, qui fournit peu d’éléments nouveaux sur son territoire. Le coeur de l’étude, c’est le choix d’une stratégie qui oriente l’action touristique pendant cinq à dix ans. Pourtant, paradoxalement, c’est sans doute la phase durant laquelle le bureau d’études intervient le moins. En effet, si le bureau d’études conduit la réflexion stratégique et anime des groupes de travail, ce sont les acteurs touristiques eux-mêmes qui identifient les axes de développement incontournables pour leur territoire et établissent les priorités.

À Cherbourg, par exemple, où Planeth élabore la stratégie de développement touristique du Cotentin, chaque acteur a été amené à s’exprimer par rapport à une liste d’axes de développement proposée par Planeth, puis à définir ce que ces axes impliquent et à les hiérarchiser. Planeth a, en quelque sorte, aidé les acteurs à « accoucher » de leurs idées. Ça valait la peine de travailler rue Platon pour découvrir la maïeutique !


L'intégration des cafés-restaurants ruraux dans l'offre touristique

Publié le 10 août 2011 par Jessica Ozkurt

Le bistrot « à la française » est un élément incontournable de notre culture, tout à la fois un lieu de rencontres, un commerce de proximité, un lieu d’activité économique. Dans les années 60 on comptait encore 200 000 bistrots en France, il en reste aujourd’hui environ 35 000, à peine un par commune. Les difficultés rencontrées par les cafés et les petits restaurants sont accentuées en milieu rural : les habitudes de vie en ville, les règlementations, la concurrence… sont autant de raisons qui contribuent à fragiliser ces « derniers commerces », à diminuer la vie économique et sociale des villages.

Conscients de leur intérêt, les pouvoirs publics encouragent la création de réseaux organisés réunissant des bars-restaurants volontaires autour d’une charte qualité. Les Alpes-de-Haute-Provence ont été précurseur en créant les Bistrots de Pays qui comptent aujourd’hui 250 adhérents dans 8 régions. Il existe aujourd’hui une dizaine de réseaux similaires, de taille et d’étendue géographique différente, portés par des fédérations autonomes, CCI, CDT, PNR… et notamment un projet en cours de constitution en Seine-et-Marne qui projette de lancer le 1er réseau de cafés à l’échelle de l’Ile-de-France, les Bistrots Rando, avec une charte adaptée aux spécificités locales.

Si  la question du regroupement des réseaux n’est pas encore à l’ordre du jour, l’enjeu pour tous ces réseaux est de contrer la disparition des services de première nécessité et d’impliquer les cafés dans la démarche touristique en leur attribuant différentes fonctions : accueil et information touristique, valorisation des produits de terroir, diffusion culturelle… Les retombées escomptées sont nombreuses : pour les cafés, il s’agit de l’élargissement et de la fidélisation de leur clientèle (habitants du village, excursionnistes, touristes), de l’augmentation de leur CA et de l’accroissement de leur notoriété ; pour les territoires, la revitalisation du tissu économique et local par l’intégration des cafés dans l’offre touristique ou culturelle est primordiale.  


La place du tourisme dans les projets européens – l’exemple des Balkans

Publié le 20 septembre 2011 par Dragan Crnjanski

La région dite des « Balkans de l’ouest et Turquie » a une dimension politique stratégique, composée des pays candidats à l’adhésion (Turquie, Croatie, Macédoine) et pays potentiellement candidats (Albanie, Bosnie Herzégovine, Kosovo, Monténégro et Serbie). Cette dimension politique est traduite dans les objectifs et les formes de l’aide européenne, visant surtout à permettre à tous ces pays d’atteindre les fameux « acquis communautaires », par l’instrument financier IPA, en cours de mise en œuvre actuellement.
Comme dans d’autres régions géographiques ou « thématiques » (cf. Voisinages Sud et Est), le tourisme n’apparaît que très rarement comme un secteur d’appui européen, étant donnée sa dimension plurisectorielle (mis à part les programmes subventionnés gérés par la DG Entreprise, qui visent les pays membres mais peuvent permettre la participation des pays candidats et potentiellement candidats, et dont l’envergure financière reste très faible). Par conséquent, les aides européennes n’y visent que très rarement un soutien institutionnel direct au tourisme, comme cela est actuellement le cas (en Serbie et en Bosnie-Herzégovine), mais doivent être recherchées à l’intérieur des programmes suivants :

1) Appui au développement régional, avec en amont soutien technique et financier à la création des structures chargés du développement régional dans chacun des pays et en aval subventionnement des actions de développement que ces structures mettent en œuvre dans le cadre de leurs stratégies. Bien souvent, ces actions, dont l’envergure reste bridée par les conditions de subventionnement (budgets rarement supérieurs à 300 000 euros), visent la valorisation touristique avec, quelquefois, un effet d’aménagement du territoire très intéressant, transcendant par exemple les « sacro-saintes frontières » séparant les trois Entités en Bosnie-Herzégovine ;


2) Programmes de coopération transfrontalière, le plus souvent bilatérale (cf. Monténégro-Albanie, Monténégro-Kosovo, Monténégro-Bosnie ou Monténégro-Serbie), en attendant la possibilité de passer à une vitesse supérieure par la coopération multilatérale, qui permettrait de soutenir encore plus solidement l’intégration régionale et d’aider à (re)construire les partenariats et les offres touristiques d’une envergure plus intéressante.


3) Appui au développement municipal, comparable à celui soutenant le développement régional, mais avec un dispositif d’assistance technique chargé de coordonner l’ensemble. Si ces aides permettent de mettre en œuvre certaines actions de développement touristique local, on est encore loin de pouvoir développer les approches de coopération intercommunale d’une manière plus durable, dont a besoin le tourisme (itinérance thématique, « pays », etc).

On peut aussi signaler le lancement d’un premier projet d’assistance technique en Serbie, pour la valorisation du patrimoine industriel de la mine de charbon de Senj.





© 2011 planeth.eu
Société de conseil, étude et ingénierie en culture et
tourisme, au service du développement territorial.
13, rue Sainte Cécile - 75009 Paris
Tél : 01 55 43 27 80