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Labo des idées


L'intégration des cafés-restaurants ruraux dans l'offre touristique

Publié le 10 août 2011 par Jessica Ozkurt

Le bistrot « à la française » est un élément incontournable de notre culture, tout à la fois un lieu de rencontres, un commerce de proximité, un lieu d’activité économique. Dans les années 60 on comptait encore 200 000 bistrots en France, il en reste aujourd’hui environ 35 000, à peine un par commune. Les difficultés rencontrées par les cafés et les petits restaurants sont accentuées en milieu rural : les habitudes de vie en ville, les règlementations, la concurrence… sont autant de raisons qui contribuent à fragiliser ces « derniers commerces », à diminuer la vie économique et sociale des villages.

Conscients de leur intérêt, les pouvoirs publics encouragent la création de réseaux organisés réunissant des bars-restaurants volontaires autour d’une charte qualité. Les Alpes-de-Haute-Provence ont été précurseur en créant les Bistrots de Pays qui comptent aujourd’hui 250 adhérents dans 8 régions. Il existe aujourd’hui une dizaine de réseaux similaires, de taille et d’étendue géographique différente, portés par des fédérations autonomes, CCI, CDT, PNR… et notamment un projet en cours de constitution en Seine-et-Marne qui projette de lancer le 1er réseau de cafés à l’échelle de l’Ile-de-France, les Bistrots Rando, avec une charte adaptée aux spécificités locales.

Si  la question du regroupement des réseaux n’est pas encore à l’ordre du jour, l’enjeu pour tous ces réseaux est de contrer la disparition des services de première nécessité et d’impliquer les cafés dans la démarche touristique en leur attribuant différentes fonctions : accueil et information touristique, valorisation des produits de terroir, diffusion culturelle… Les retombées escomptées sont nombreuses : pour les cafés, il s’agit de l’élargissement et de la fidélisation de leur clientèle (habitants du village, excursionnistes, touristes), de l’augmentation de leur CA et de l’accroissement de leur notoriété ; pour les territoires, la revitalisation du tissu économique et local par l’intégration des cafés dans l’offre touristique ou culturelle est primordiale.  


La place du tourisme dans les projets européens – l’exemple des Balkans

Publié le 20 septembre 2011 par Dragan Crnjanski

La région dite des « Balkans de l’ouest et Turquie » a une dimension politique stratégique, composée des pays candidats à l’adhésion (Turquie, Croatie, Macédoine) et pays potentiellement candidats (Albanie, Bosnie Herzégovine, Kosovo, Monténégro et Serbie). Cette dimension politique est traduite dans les objectifs et les formes de l’aide européenne, visant surtout à permettre à tous ces pays d’atteindre les fameux « acquis communautaires », par l’instrument financier IPA, en cours de mise en œuvre actuellement.
Comme dans d’autres régions géographiques ou « thématiques » (cf. Voisinages Sud et Est), le tourisme n’apparaît que très rarement comme un secteur d’appui européen, étant donnée sa dimension plurisectorielle (mis à part les programmes subventionnés gérés par la DG Entreprise, qui visent les pays membres mais peuvent permettre la participation des pays candidats et potentiellement candidats, et dont l’envergure financière reste très faible). Par conséquent, les aides européennes n’y visent que très rarement un soutien institutionnel direct au tourisme, comme cela est actuellement le cas (en Serbie et en Bosnie-Herzégovine), mais doivent être recherchées à l’intérieur des programmes suivants :

1) Appui au développement régional, avec en amont soutien technique et financier à la création des structures chargés du développement régional dans chacun des pays et en aval subventionnement des actions de développement que ces structures mettent en œuvre dans le cadre de leurs stratégies. Bien souvent, ces actions, dont l’envergure reste bridée par les conditions de subventionnement (budgets rarement supérieurs à 300 000 euros), visent la valorisation touristique avec, quelquefois, un effet d’aménagement du territoire très intéressant, transcendant par exemple les « sacro-saintes frontières » séparant les trois Entités en Bosnie-Herzégovine ;


2) Programmes de coopération transfrontalière, le plus souvent bilatérale (cf. Monténégro-Albanie, Monténégro-Kosovo, Monténégro-Bosnie ou Monténégro-Serbie), en attendant la possibilité de passer à une vitesse supérieure par la coopération multilatérale, qui permettrait de soutenir encore plus solidement l’intégration régionale et d’aider à (re)construire les partenariats et les offres touristiques d’une envergure plus intéressante.


3) Appui au développement municipal, comparable à celui soutenant le développement régional, mais avec un dispositif d’assistance technique chargé de coordonner l’ensemble. Si ces aides permettent de mettre en œuvre certaines actions de développement touristique local, on est encore loin de pouvoir développer les approches de coopération intercommunale d’une manière plus durable, dont a besoin le tourisme (itinérance thématique, « pays », etc).

On peut aussi signaler le lancement d’un premier projet d’assistance technique en Serbie, pour la valorisation du patrimoine industriel de la mine de charbon de Senj.





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